Céramique à Way's Mills 2026


Expo-vente

Jennifer Tannahill, céramiste, développe une pratique nourrie par sa formation en films d’animation et en beaux-arts. À travers le façonnage à la main, le modelage et le tournage, elle crée des pièces utilitaires en porcelaine et en grès cuites au four électrique. Son travail met de l’avant l’expérience tactile et intime de l’objet, où le dessin, la peinture et les textures enrichissent chaque surface. Soucieuse de réduire son impact environnemental, elle recycle ses argiles et son eau de tournage, tout en créant des « émaux mystères » issus de l’eau de nettoyage des outils. À travers ses céramiques fonctionnelles, elle transforme les gestes du quotidien en moments de réflexion sur l’environnement, la consommation et la fragilité des écosystèmes.

Catherine Parent-Gibbard développe une pratique de la céramique entièrement réalisée à la main, principalement par façonnage. Inspirée par les objets et formes vintage, le folk art et l’art naïf, elle crée des pièces utilitaires colorées et chaleureuses, marquées par une esthétique spontanée et assumée. Les textures occupent une place importante dans son travail, souvent réalisées à l’aide d’estampes biscuitées qu’elle fabrique elle-même. Refusant la perfection, elle cherche à préserver dans chaque objet la trace du geste et la personnalité du fait-main. Son exploration récente de la cuisson au bois nourrit également son approche en l’amenant à accueillir l’imprévu et les transformations de la matière. Depuis son atelier de Saint-Henri à Montréal, elle crée des pièces pensées pour le quotidien, où beauté, fonctionnalité et simplicité enrichissent les rituels de tous les jours.

Le travail de Julie Lavoie gravite autour de la fabrication d’objets utilitaires pour les arts de la table et du thé, principalement cuits au four à bois à haute température. La cuisson au bois, technique ancestrale, guide ses créations en liant tradition et modernité. Julie développe sa signature visuelle avec des cuissons au bois, un processus exigeant physiquement et techniquement. Elle privilégie les teintes naturelles et les formes épurées pour que la matière et les effets de cuisson expriment leur propre langage. Les objets du quotidien, l’argile, l’eau, le feu, la forêt, le végétal, le minéral, et le passage du temps sont des éléments intégrants de sa démarche artistique.

Fabrica Ateleia, de Catherine Bouchard, est une marque à petite échelle, qui se définit par la recherche et le travail d’une seule artiste. Puisant son inspiration dans la nature, plus précisément dans les cours d’eau avec leurs galets de rivière poncés aux couleurs souvent surprenantes, Fabrica Ateleia vise à offrir un art de la table laissant libre court à l’imagination du client. Avec ses lignes et formes disponibles autant en version classique qu’organique, et avec un vaste choix d’émaux assortis, le client peut se créer un ensemble complètement personnalisé et à son image. Les possibilités sont nombreuses et permettent ainsi une tablée unique de style « mix & match »

Justine St-Amour travaille l’argile par tournage et façonnage, en juxtaposant la matière brute, texturée, à des décors inspirés des couleurs naturelles de la terre et de l’eau. Elle recherche un équilibre apaisant qui crée une atmosphère unique. Les pièces tournées sont facettées et craquelées dans la masse, tandis que les pièces façonnées reçoivent des plaques craquelées superposées. Certaines sont laissées lisses pour laisser place à des décors qui rappellent des cartes au trésor. Justine travaille de façon intuitive, guidée par la matière, le rythme et le mouvement. Inspirée par la musique et la nature, elle cherche à transmettre une émotion par la texture et la richesse des décors, et valorise l’empreinte de la main, créant ainsi la parfaite imperfection.

Françoise Humbert, céramiste professionnelle, développe une pratique singulière autour de la porcelaine façonnée selon la technique du galettage. Elle crée des pièces originales et expressives, où la matière dialogue avec des éléments tels que le bois, le métal ou le verre. Son univers se distingue par des formes reconnaissables, des explosions de couleurs et des assemblages ludiques évoquant des animaux imaginaires et fantaisistes. À travers des œuvres vibrantes et pleines d’humour, elle cherche à susciter l’émerveillement tout en laissant place au jeu et à l’imagination. Certaines de ses créations proposent également une réflexion sensible sur notre environnement, qu’il s’agisse de la nature ou du monde marin.

Nadine Desmarais, céramiste à temps plein depuis 2017, développe une pratique ancrée dans une profonde sensibilité à la nature et au geste artisanal. Formée en Métiers d’Art–Céramique, elle crée des pièces uniques en grès naturel, cuites en oxydation à température moyenne dans un four électrique. Son processus de création combine le façonnage, le tournage et le moulage, lui permettant de concevoir des œuvres aux formes variées, marquées par des lignes douces et organiques. Elle élabore également ses propres glaçures afin de développer des textures et des finitions qui confèrent à ses pièces une signature personnelle et harmonieuse.
Installée à Chertsey dans un atelier entouré de nature, son travail est profondément inspiré par les paysages qu’elle traverse. Les promenades en forêt ou au bord de la mer nourrissent des créations qui évoquent la douceur des galets et des coquillages, invitant au toucher et à la contemplation. À travers des objets utilitaires empreints de calme et de simplicité, elle cherche à transmettre un sentiment de bien-être et de présence à l’instant.

Patrick Duclos allie classique et moderne, lustré et mat, jouant avec plusieurs niveaux de contrastes pour transformer une pièce utilitaire en œuvre d’art. Inspiré par des textures produites par ses outils faits maison, il rehausse ses pièces de motifs aléatoires. Après une première cuisson, il ajoute des glaçures lustrées faites à partir de matières premières. Motivé par un besoin profond de créer, il offre un choix face à la production de masse et invite les gens à se créer des rituels. Ses pièces, alliant des pratiques anciennes et des outils modernes reflétent les contrastes présents dans sa manière d'être.

Isabelle Simard développe une pratique céramique ancrée dans un dialogue sensible entre la terre, le geste et le vivant. Inspirée par la nature et son travail en fleuristerie, elle crée des pièces façonnées à la main aux formes organiques, où les textures, les irrégularités et les traces du geste occupent une place essentielle. Son approche laisse également place à l’imprévu, faisant de chaque création une pièce unique.
Son travail se concentre principalement sur la céramique utilitaire : des tasses, bols et objets du quotidien pensés pour être durables, agréables à utiliser et porteurs d’une relation plus attentive aux gestes simples. À travers une démarche guidée par la lenteur, l’observation et le respect des matériaux, elle cherche à créer des objets sensibles, fabriqués localement avec soin.

Fabienne Synnott travaille le grès et la porcelaine, tournés, façonnés ou sculptés, en pièces uniques ou petites séries. Ses cuissons sont surtout en réduction au gaz, parfois au bois. Elle traite chaque pièce comme une composition vivante, où la terre garde sa trace. Inspirée par la nature et le « primitif », elle aime jouer avec les matériaux et laisser la matière s’exprimer, en provoquant la transmutation par la flamme. Fabienne combine sculpture, gravure et peinture, cherchant un geste fluide qui laisse parler l’outil. Elle tourne souvent des formes de base qu’elle transforme ou assemble, créant textures et contrastes entre surfaces émaillées et terres nues. Travailler en équipe avec son four est pour elle une danse qui donne vie à ses pièces, véritables portails vers l’intérieur de soi.

Paule Vézina, derrière Poterie Vez, développe une pratique centrée sur le tournage de pièces utilitaires, où le nériage occupe une place importante dans son travail. Issue du milieu de la restauration, elle nourrit une véritable passion pour le café, une sensibilité qui l’a amenée à réfléchir à l’importance de l’objet quotidien et plus particulièrement de la tasse.
Installée dans son atelier à Val-Morin, au cœur de la forêt, elle puise son inspiration dans la nature et les textures qui l’entourent. Toujours à la recherche de nouvelles formes répondant à des usages précis, elle crée des objets pensés pour accompagner les rituels du quotidien avec simplicité, sensibilité et plaisir d’utilisation.

Marie Drolet, de Muraï Céramique, développe une pratique principalement axée sur le tournage, où certaines pièces sont ensuite altérées et enrichies de textures afin de créer des surfaces sensibles et expressives. Son travail se distingue par une importante recherche autour des glaçures, toutes conçues à partir de recettes et de combinaisons développées au fil de nombreuses années d’expérimentation. Effets de fusion, cristaux, ciels étoilés et microcosmes occupent une place centrale dans son univers visuel.
À travers des collections utilitaires et sculpturales, elle explore les interactions entre textures, glaçures et feu afin de révéler la puissance des éléments naturels. Ses pièces évoquent tour à tour le cosmos, l’océan, le volcan ou la végétation. Élégantes, raffinées et pensées pour une utilisation agréable, elles cherchent à créer un lien sensible entre l’objet, la matière et les forces naturelles qui l’animent.

Véronique Allaman de Kaoline Atelier façonne une porcelaine translucide qu’elle mêle à de la faïence pour créer des paysages uniques révélés uniquement à la cuisson finale. Les motifs apparaissent alors, déclinant des tons allant du blanc pur au brun chaud, dans une transformation emplie d’aléatoire et de surprises. Ses formes simples et épurées servent de toile aux décors, tandis que les extérieurs poncés mettent en valeur la douceur naturelle des argiles utilisées. Formée au Centre de Céramique Bonsecours, elle a découvert un style libre et créatif en sculpture, qui nourrit encore aujourd’hui sa démarche. Le façonnage lui permet de travailler en douceur, laissant à chaque pièce une part de sa sensibilité. Le mariage entre la porcelaine froide et précieuse et la faïence chaleureuse illustre une poésie des contraires à travers une collection d’art de la table minimaliste et intemporelle.

Depuis l'enfance, la terre est le matériau de prédilection de Marie Serreau. En 2000, elle retrouve la terre à Montréal et suit une formation de céramiste à l'Institut européen des arts céramiques en France en 2002. Après ses études, elle voyage et collabore avec des céramistes dans plusieurs pays, enrichissant ainsi sa réflexion artistique. Installée entre la France et le Québec, elle s’est spécialisée dans la faïence, qu’elle apprécie pour sa souplesse, sa couleur et son histoire. Marie tourne finement ses pièces pour le confort des lèvres, et se laisse guider spontanément par le pinceau, peignant à l’engobe bleu ou noir avant de graver pour affiner le décor. Chaque pièce est unique tout en appartenant à une même famille. Elle crée aussi de petites sculptures racontant des histoires inspirées de contes et de mémoires d’enfance.

SAM & SARAH est un duo d’artistes queer qui développe une pratique située à la rencontre du design, de l’art et de l’objet fonctionnel. Partenaires dans la vie comme en création, ils explorent la céramique avec spontanéité, humour et intensité, cherchant à transformer la matière en objets capables de créer des atmosphères sensibles et joyeuses.
Leur travail prend forme à travers des pièces sculpturales et utilitaires aux couleurs vibrantes et aux formes inspirantes, souvent marquées par des courbes douces et des dégradés évoquant les couchers de soleil. Produites en petites séries ou en pièces uniques, leurs créations évoluent librement selon les envies, les matières disponibles et l’expérimentation en atelier. Une attention particulière est portée à l’expérience sensorielle de l’objet, notamment par le toucher, faisant du geste et de la surface des éléments essentiels de leur démarche.

Catherine de Abreu est une artiste céramiste engagée, animée par un profond désir de communiquer à travers ses créations. Nourrie par une curiosité infatigable et des questionnements constants, sa pratique est marquée par une approche sensible et consciente. Son parcours à l’Université Concordia, d’abord en estampe et en peinture, influence encore ses pièces actuelles, notamment par l’intégration d’éléments graphiques. Catherine crée des objets d’art de la table qui unissent fonction et expression artistique. Ses œuvres contemporaines incarnent ses valeurs personnelles et une vision du monde à la fois empathique et revendicatrice. Portée par une conscience environnementale croissante, elle explore des liens profonds avec la nature et l’environnement, tout en valorisant le savoir-faire artisanal et le dialogue avec l’autre.

Amélie Beaudroit, fondatrice d’Acore Beach Ceramics, développe une pratique centrée sur le tournage de pièces utilitaires en grès. Son travail se distingue par une recherche sensible autour des émaux, qu’elle développe elle-même afin d’évoquer des paysages et des territoires marquants. Inspirées par les horizons, les mousses, les rivages et les couleurs naturelles, ses palettes traduisent l’essence d’un lieu à travers des surfaces aux tons terreux, verts sauge, crème et bleu-gris.
Anciennement peintre de paysages abstraits, elle conserve dans sa démarche une attention particulière à la couleur, à la simplicité des formes et à la relation entre l’objet et la mémoire. Engagée dans une approche écologique, elle utilise notamment des matériaux locaux, comme l’argile sauvage des Cantons-de-l’Est ou les cendres de cheminée intégrées à ses émaux. À travers des objets pensés pour le quotidien, elle cherche à créer des pièces durables et sensibles, capables d’accompagner les gestes simples et de porter, avec le temps, une mémoire intime.

Audrey Levasseur-Ruel développe une pratique céramique qui allie tournage, façonnage et exploration décorative dans une approche à la fois utilitaire et artistique. Inspirée par l’univers de l’enfance, de la mémoire et du jeu, elle crée des pièces sensibles et colorées où le geste, le dessin et les formes ludiques occupent une place centrale. À travers le colombin, le modelage et l’intégration de motifs en terres colorées, elle développe un langage visuel nourri par l’imaginaire enfantin et les formes hybrides.
Ancrée dans le fait-main, sa démarche met en valeur la spontanéité, la douceur et le narratif à travers des objets allant de l’utilitaire à la sculpture. Clowns, fleurs, papillons et autres figures poétiques prennent forme dans des créations qui cherchent à éveiller le sourire et à cultiver une relation sensible avec les objets du quotidien.

Dans sa pratique, Michèle Lavallée exprime sa sensibilité et son amour pour la nature, trouvant un équilibre et une motivation dans la création et l'expérimentation. Toujours en quête de progression, elle a créé une collection de photophores en argile translucide, chacun légèrement différent tant par la forme que par les motifs, invitant à la réflexion et au partage. Elle réalise aussi des pièces aux formes plus organiques, décorées de motifs floraux « façon sérigraphie ». L’artisane alterne avec plaisir les techniques et les argiles : le travail au tour lui apporte une méditation apaisante, tandis que le façonnage la plonge dans une absorption totale. Quelle que soit la méthode, elle veille à ce que ses créations soient ergonomiques, esthétiques et pratiques. Pour elle, créer est un acte vital, un geste positif qui nourrit son équilibre et sa motivation, un moyen privilégié d’« être » au monde et d’apporter du beau dans sa vie et celle des autres.

Manon Ste-Marie développe une pratique céramique instinctive centrée sur la création de pièces fonctionnelles tournées, souvent altérées ou enrichies par le façonnage. Entre pièces uniques et petites séries en constante évolution, son travail est guidé par le plaisir du geste, le rapport sensible à la matière et une recherche de fluidité, de légèreté et de présence. Les formes, parfois classiques, parfois transformées, sont habitées par des lignes épurées, des motifs graphiques et des textures qui témoignent d’un dialogue vivant entre spontanéité et précision.
Sa démarche est profondément nourrie par les relations humaines, le partage et le besoin de créer du sens dans le quotidien. Les surfaces polies, les terres recyclées laissées apparentes et les objets pensés pour être tenus en main participent à une expérience tactile réconfortante et apaisante. À travers ses pièces, elle cherche à offrir des moments de douceur, de beauté et de connexion, où l’objet utilitaire devient porteur de présence et de joie.

Paul Guidera rompt avec les traditions de la poterie tout en leur rendant hommage. Ses pièces sont parsemées de figures hybrides et narratives qui mélangent des références à l’enfance, l’adolescence, l’humain et l’animal. Ces créatures humanoïdes qui interagissent, interprètent des scènes du quotidien, puisant dans divers mythes et histoires de vie pour interroger les frontières de l’intime et de l’universel. Ses pièces ludiques et hybrides, allient le figuratif et l’utilitaire. Empruntant des éléments monstrueux, il floute le caractère fonctionnel et rend vivant ce qui semble inerte. Ces créatures imparfaites deviennent des compagnons animés, permettant de tisser des liens sensibles et intimes au quotidien.

Coralie Huckel développe une pratique céramique où se rencontrent mémoire, matière et geste. À travers des pièces utilitaires, décoratives et d’expression réalisées en petites séries, elle explore principalement la porcelaine et le grès par le tournage et le travail à la plaque. Son univers se distingue par des lignes épurées, des textures sensibles et un travail d’émaillage qu’elle développe elle-même, jouant sur les contrastes entre surfaces émaillées et brutes.
Inspirée à la fois par les paysages de son enfance en Alsace et par un héritage asiatique transmis de manière intime et fragmentaire, elle intègre dans ses créations des empreintes végétales, minérales et des estampages réalisés à l’aide de sceaux venus de Corée et de Birmanie. À travers ses collections, elle cherche à créer des objets porteurs de présence et de résonance, où la matière, les traces et les gestes deviennent des liens sensibles entre mémoire, territoire et émotion intérieure.

Rett Walz, fondateur de l’Atelier Espial, développe une pratique située à la rencontre de l’art et de l’artisanat, où la sculpture figurative et la céramique fonctionnelle cohabitent naturellement. À travers ses portraits humains et animaux, il cherche à saisir l’essence d’un être dans un instant fugace, un regard, un mouvement, une posture, afin de révéler la présence et la sensibilité du vivant. Pour lui, l’argile est un matériau privilégié pour capter ces expressions éphémères, transformées ensuite par le feu en traces durables.
Son travail invite à réfléchir à notre relation aux autres, au monde naturel et aux objets qui nous entourent. Profondément engagé dans la transmission et l’éducation artistique, il enseigne depuis de nombreuses années à travers le Canada et a fondé l’Atelier Espial à Hudson, au Québec, où il offre des cours de poterie, de dessin et de sculpture figurative. Le mot « Espial », un ancien terme français signifiant « apercevoir », résume sa démarche : tenter de capter, à travers la matière, la présence singulière d’un être vivant.

Mélanie Gauthier, fondatrice de La Source d’Arts, développe une pratique artistique où se rencontrent narration, matière et sensibilité tactile. Après plus de vingt-cinq ans comme preneuse de son et conceptrice sonore, elle a intégré la sculpture en argile à sa démarche, ouvrant un nouveau territoire de création ancré dans le tangible et l’expressif. Son travail, souvent inspiré d’histoires ou d’anecdotes, navigue entre sculpture et objets utilitaires, tout en intégrant également le collage, la gravure et l’encre à l’alcool.
Elle développe notamment une série sculpturale autour des « Rogers », des lapins façonnés à la main aux personnalités sensibles et évocatrices, qui explorent avec humour les dynamiques humaines. Son travail récent s’oriente aussi vers le troisième feu et l’utilitaire sculptural déformé, lui permettant d’introduire des interventions visuelles plus libres et des effets proches du collage. À travers cette recherche en constante évolution, elle crée un dialogue entre fonction et expression, où textures, gestes et cuissons deviennent des éléments essentiels de son langage plastique.

Mélanie Forest, fondatrice de For Mé Création, développe une pratique centrée sur la création de pièces utilitaires tournées à la main en semi-grès. Dans son atelier de Lachute, elle explore particulièrement les traitements de surface à travers des transferts d’engobe réalisés à l’aide de papiers variés, comme le papier journal ou le papier de dessin, permettant de créer des textures, des traces et des compositions uniques.
Elle élabore également ses propres glaçures, appliquées en superposition afin d’explorer les réactions et nuances qui émergent lors des cuissons en oxydation à cône 6. Inspiré à la fois par l’abstraction et le paysage, son travail cherche un équilibre entre maîtrise du geste et spontanéité de la matière. Chaque pièce devient ainsi un espace sensible où se révèlent les traces du processus, dans un univers visuel à la fois vivant, nuancé et profondément personnel.

Sarah-Jeanne Riberdy développe une pratique céramique guidée par le désir d’insuffler une intention sensible aux objets du quotidien. À travers de petites collections réalisées avec soin et précision, elle cherche à enrichir les espaces de vie et les gestes qui les habitent. Son travail met en valeur la richesse de la matière et de ses possibilités à travers une esthétique minimaliste, où l’attention portée aux détails, au savoir-faire et aux surfaces occupe une place essentielle.

Laetitia Chastel, Tchinchin Ceramics, développe une pratique céramique inspirée par la nature, les voyages et les paysages urbains, créant des pièces uniques aux formes simples, joyeuses et sensibles. Travaillant principalement la semi-porcelaine en façonnage et à la plaque, elle privilégie cette matière pour sa blancheur lumineuse qui met en valeur ses sous-glaçures et ses motifs en bas-relief. Ses surfaces colorées et texturées deviennent des espaces narratifs où se rencontrent souvenirs d’enfance, végétation foisonnante et imaginaire floral.
Influencée par son parcours en arts graphiques et en architecture de paysage, elle puise dans les jardins, les fleurs réelles ou inventées et les sensations liées à l’été pour développer un univers riche en couleurs et en textures. À travers le jeu des sous-glaçures, des oxydes et des glaçures transparentes, elle cherche à capturer des impressions fugaces et des émotions liées au paysage, transformant chaque objet en une petite histoire tactile et poétique.

Anja Jamrozyk développe une pratique céramique située à la rencontre de l’art et de l’artisanat, créant des pièces fonctionnelles tournées en porcelaine ainsi que des œuvres décoratives façonnées à la main. Son travail se distingue par le contraste entre des formes épurées et précises et des surfaces peintes spontanément à l’engobe bleu. Chaque pièce est peinte à main levée en une seule séance, laissant visibles les gestes, les traces du pinceau et l’énergie du mouvement dans la glaçure finale.
Inspirée par différentes traditions artistiques et artisanales, des fresques médiévales à la céramique chinoise céladon en passant par l’Art nouveau, elle développe un langage visuel cohérent où les pièces dialoguent entre elles et forment des récits sensibles. Travaillant principalement avec une palette restreinte de bleu sur blanc, elle conçoit des objets destinés à être utilisés au quotidien, tout en portant une dimension narrative et picturale qui relie mémoire, histoire et expérience personnelle.

Dominique Major, de Spin, développe une pratique intuitive et sensible où l’argile devient un espace de liberté et d’exploration. Travaillant sans croquis, en dialogue direct avec la matière, elle laisse émerger les formes à travers le geste et l’instinct, cherchant à créer des œuvres à la fois esthétiques et empreintes d’un subtil humour.
Sa collection « Drapés de porcelaine » s’inspire du mouvement et de son expérience en couture, transposant dans la porcelaine les plis, tensions et textures du textile afin de créer des formes légères et fluides. Avec sa série « Ligne de faille San Andreas », elle explore plutôt la force transformatrice de la nature à travers des fissures évoquant autant la rupture que le renouveau. À travers ces univers complémentaires, elle développe une œuvre sensible où matière, mouvement et transformation occupent une place centrale.
Exposition en plein air
J’ai connu des rivières / I’ve Known Rivers

Graphisme : Dominique Rivard
Prenant ancrage dans la rivière Niger qui traverse le hameau de Way’s Mills et dans l’histoire des personnes afrodescendantes qu’elle porte, l’exposition J’ai connu des rivières présente le travail de Nathalie Batraville. À travers des séries de sculptures céramiques et des documents d’archives, l’artiste interroge les liens que les personnes noires créent avec les lieux qu’elles ont habités ou traversés et dont les mémoires ont été effacées. Créées en résidence au Centre d’art Rozynski, les œuvres qui longent la berge explorent des formes d’insoumission, de révolte et de transmission. Elles racontent les passages et les enracinements de personnes afrodescendantes, laissant émerger des savoirs botaniques et politiques dont les imaginaires résistent à l’oubli.
ARTISTE
Nathalie Batraville est une artiste et chercheure féministe noire et queer, d'origine haïtienne, basée à Montréal. Sa pratique comprend la céramique, le collage et l’écriture ; elle est aussi professeure en études féministes à l’Université Concordia. Ses œuvres interrogent l’anticolonialisme, le plaisir, la botanique et la rébellion. Cherchant à donner forme à un désir collectif de faire tomber des empires, elle retrace l’héritage des différentes figures et épisodes de révolte et d’autodéfense à travers divers territoires ; de Saint-Domingue au Congo, en passant par l’Île de la Tortue et la Palestine. Elle juxtapose différentes formes et traditions, et diverses cartographies de luttes contre l’assujettissement.
COMISSAIRE
Noémie Fortin est une commissaire et autrice indépendante basée dans les Cantons-de-l’Est. Sensible aux pratiques enracinées dans la pensée écoféministe, elle accompagne des démarches artistiques, agricoles et communautaires axées sur le soin du vivant. Elle concentre ses recherches sur l’art écologique qui sort des institutions pour aller à la rencontre des territoires et des communautés, avec un intérêt particulier pour les milieux ruraux. Ses projets ont notamment été présentés au Centre d’art de Kamouraska, chez Adélard, au Centre d’art Rozynski, à la Biosphère de Montréal et à la Galerie d’art Foreman. Ses écrits sont publiés dans des revues spécialisées dont Esse arts + opinion, Espace art actuel et Le Sabord.


Crédit photo : Emma Rosa
Crédit photo : Alix Beaulieu
Performance de Raku Punk

Jean-François Bourlard et Valérie Blaize, artistes invitées de France, présenteront leurs impressionnantes performances de Raku Punk. Mêlant cuisson spectaculaire, théâtre et expérimentation, ces performances repoussent les limites de la céramique traditionnelle à travers des procédés radicaux et imprévisibles. Entre feu, matière et mouvement, le public est invité à découvrir un univers brut, fragile et intensément vivant.
Samedi - 20 juin, 21h - Qui de l’oeuf ou la poule
Performance invitant le public à rejoindre le Clan de la Poule et à participer à une cérémonie aussi païenne que décalée. Une expérience spectaculaire, farfelue et poétique.
Samedi - 27 juin, 21h - À table
Performance de cuissons spectaculaires donnant forme à des oeuvres autour du thème de la table. À la nuit tombée, les spectateurs assistent à un repas apocalyptique.
Médiation culturelle

Atelier de façonnage collectif
À la lisière des arbres, le public est invité à expérimenter le façonnage d’argile à travers la création d'une œuvre collective inspirée de la rivière. Au fil des jours, la sculpture prendra vie sur une grande table : d’abord un simple cours d’eau, puis un paysage fourni et en mouvement façonné par les mains des visiteuses et visiteurs.
Conçue comme une expérience collective créative et sensible, cette sculpture évolutive rassemblera petits et grands autour du mouvement de l’eau et du potentiel poétique et évocateur de la rivière. L’œuvre assumera son caractère éphémère et sera ensuite entièrement recyclée.
Deux artistes-médiatrices accompagneront le public dans cette exploration en partageant des notions sur les techniques de base de façonnage, la composition de l'argile, sa présence dans les lits de rivières et son utilisation à travers les millénaires.

